... Alain soupira. Il se doutait qu'elle lui réclamerait des éclaircissements à ce propos.
« Ce nest pas exact. Je ne le soupçonnais pas davantage que toi ou les parents de ta mère ; jusqu'à notre entretien hier après-midi ». Il soupesait ses mots. Sur le fil de cette relation naissante, il n'ignorait pas qu'il jouait avec sa carrière. Côté professionnel ou privé, aucune erreur ne lui serait pardonnée. « Je le sens fuyant. Il teinte ses réponses d'insolence et il m'a balancé son alibi d'un ton moqueur. Il me hérisse. Mais je contrôlerai ses dires et ça n'ira pas plus loin.
- Il a souffert plus que nous tous tu sais. Et il souffre continuellement.
- Ne t'inquiète pas. Je ne le traquerai pas si son emploi du temps m'est confirmé. Tu prends quoi en dessert ? ».
Ils ont avalé leur crêpe nappée de crème de marron puis sont repartis en direction de la mer. La marée avait monté, la plage de sable fin n'existait plus. Les vagues explosaient contre les remparts. La lune brillante accompagnait la balade des amoureux. Parvenu à sa voiture, Alain ouvrit la portière côté passager. Au lieu de s'effacer par galanterie, il enlaça la taille de Sophie ; la jeune femme tremblait ; leurs visages se rapprochèrent, ils s'embrassèrent en songeant confusément qu'ils n'appartenaient pas au même camp. Les évènements à venir promettaient d'être épineux... Il la reconduisit face au portail de son domicile. Au loin, sur le seuil de la maison, la silhouette de David se dessinait en ombre chinoise. Alain n'y prêta pas garde. Il proposa à Sophie qu'ils se revoient dès le lendemain.
« Il fait si beau, on pourrait retourner à Pentrez se baigner et visiter un peu le coin ?
- Mais ton fils ?Publié par Sarvane à 10:03:33 dans Jouons ensemble ! | Commentaires (1) | Permaliens
Sur le blog de mon ami internaute Onassis (voir lien ici à droite : "La vérité n'existe pas...."), j'ai trouvé un test très intéressant à faire.
Si vous avez de bonnes bases en Anglais (j'ai eu quelques soucis et une grosse flemme pour ouvrir mon dico
),
lancez-vous : http://www.politicalcompass.org/test
Je vous affiche mon résultat, revenez me dire le vôtre
Publié par Sarvane à 08:39:15 dans Jouons ensemble ! | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Sarvane à 14:23:40 dans Jouons ensemble ! | Commentaires (1) | Permaliens
La dégaine boîtillante, le promeneur de soixante-treize ans, ses cheveux blancs ramassés en un catogan, aveugle à autant de beauté, ne poussera plus, mains dans les poches, jusqu'à la supérette de la rue Jean Baffier prendre sa baguette et son litre de rouge. Il ne traînera plus des pieds en lorgnant les vitrines disséminées le long de son trajet jusqu'au bar-tabac le Sarvan. Le vieil habitué ne s'installera plus à sa table, à l'angle du comptoir en bois, appuyé à la vitre. De dix heures à midi, puis de quatorze à dix-neuf heures, il tient compagnie au patron, fume des gauloises sans filtre, aligne les verres de rosé. Il refait le monde, disséquant page par page son journal, sauf les faits-divers, « ça, je m'en fous ». A midi, les ouvriers envahissent les lieux pour se restaurer. Ils connaissent bien ce « pilier de bar ». Il appartient au décorum, sa présence ne les dérange pas. Quelques-uns lui disent bonjour, d'autres lui serrent la main ou opine la tête en guise de salut. Ensemble, ils boivent un apéro, discutent de la pluie et du beau temps, ces aléas extérieurs dont les conséquences influent sur leurs conditions de travail. Dès que la serveuse pose les premières assiettes à l'une des tables, Octave s'éclipse. Cet intermède le ramène chez lui. Il s'avale une assiette de charcuterie arrosée d'un verre de rouge, avachi sur la table du salon, face à son poste de télévision. Dès la fin des informations télévisées, il repart pour la rue Jean Baffier, reprend possession de son fief et poursuit la conversation restée suspendue. La cohorte des hommes du bâtiment avalent leur dernier « p'tit noir » avant de retourner vers leur chantier, situé au coin de la rue. Octave demeurera l'après-midi à ingurgiter des enfilades de verres ballons. Les heures s'écoulent, au gré des passages de différents copains de beuverie, de clients anonymes allant et venant pour un paquet de cigarettes ou une tasse de café partagée entre amis. En fin de journée, lorsque les bétonneuses et les grues se taisent, après que les ouvriers aient bu un dernier rouge avant de rentrer chez eux, une nouvelle clientèle fait son entrée au bistrot. Des âmes en peine désireuses de rompre leur solitude par un dîner parmi une foule de corps, au cœur d'un brouhaha de voix. Des ivrognes nomades qui achèvent là leur tournée des bars du quartier. Comme à son habitude, Octave ne quitte les lieux qu'à la fermeture. Alors, rompu de fatigue et d'alcool, il entreprend de rejoindre son domicile, le pas lourd incertain, l'haleine chargée. Il achève sa traversée de Bourges, ses yeux bleus à peine entrouverts, sa bouche charnue contractée en un pli amer. Il marmonne des mots inaudibles soulignés d'un haussement d'épaules, d'un soupir, parfois d'un violent moulinet de bras. Dissimulée derrière ses rideaux, Madame Lavigne pourra toujours scruter les fenêtres de son voisin, dorénavant elle ne l'y apercevra plus.
Publié par Sarvane à 14:18:53 dans Jouons ensemble ! | Commentaires (3) | Permaliens
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