• STOP !

     

    L'an deux mille a vu la progression croissante des ordinateurs, le succès instantané d'Internet, les premiers blogs, les premiers forums, jusqu'à l'invasion des réseaux sociaux qui ont bouleversé nos rapports à l'autre, libéré la parole et permis la violation de l'intimité en toute légitimité.

     

    Nous étions des individus formant une société, respectueux de ses règles. Nous voici des individus dénigrant cette société, remettant en cause ce qui permettait à chacun de trouver sa place et d'accepter son voisin. Les cerveaux manipulés par les réseaux sociaux, abrutis par l'information - plus ou moins vraie - à grande vitesse, nous subissons les actualités et les violences non seulement de notre pays mais aussi de la planète. Les jeunes grandissent dans cette ère viciée, avec un portable à la main, toujours en réseau, toujours à dialoguer avec quelqu'un, ailleurs, en toute virtualité. Ils affichent leur vie, leurs idées, multiplient les photographies. Quand l'un d'eux ne rentre pas dans le rang, ou que les autres décident qu'il n'a pas sa place au sein du groupe, ils le harcèlent ; sur internet, derrière un écran, les mots s'enchaînent, durs, cruels, assassins. D'ailleurs des mômes en meurent. Sommes-nous devenus des drogués des réseaux sociaux ? Pas un jour sans jeter un oeil sur sa page personnelle en ligne, sans lire un commentaire, découvrir ce que nos amis - plus ou moins réels, plus ou moins virtuels - ont ajouté sur leur propre page. Nous croyons y passer dix minutes, une heure s'écoule. Et nous y revenons, deux fois, trois fois, dix fois dans la même journée. Il devient difficile de se retenir : un commentaire, une critique, un échange avec un ami ; d'un coup, un peu de notre vie s'étale là, sous nos yeux, sous les yeux de tous. Brusquement, un malaise nous étreint. Nous sommes-nous fait avoir comme tout le monde ? Parce qu'adulte, nous nous croyons le maître du jeu, sauf que les règles ne sont pas clairement établies. Méfiants, nous tentons de reprendre la main ; nous nous abstenons de commenter, de raconter des évenements trop personnels, de mettre des photos, sauf que tout se récupère dans l'univers de l'informatique. Enfin, n'importe qui connaître le lieu où nous vivons, notre lieu de travail, nos idées politiques, l'endroit et le moment où nous partons en vacances et avec qui. Quitter la virtualité pour remettre le pied dans la réalité risque de créer un manque et de laisser des traces. Quitter le troupeau pour enfin vivre dans la discrétion et l'apaisement, nous fera sans doute passer pour des rétrogrades mais au final, cela n'en vaut-il pas la chandelle ?

    Lobotomie 2.0

    En tous cas, hormis ce blog, je n'irai plus nulle part. Les vrais amis me suivront ailleurs, ils savent où et comment. Après, pour les quelques-uns acceptés dans ma sphère privée au hasard d'une rencontre « internautique », soit ils m'oublient, soit ils me recontactent via mon blog. Je ne laisse pas d'alternative parce qu'il n'y en pas de possible dans ce milieu superficiel. Portez-vous bien, soyez heureux, éteignez vos ordinateurs et vos téléphones portables, allez voir ceux que vous aimez. Vous lirez vos mails ou écouterez votre répondeur plus tard.

     

     Désintoxiquez-vous


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  • Commentaires

    2
    Bob Deldunn
    Jeudi 22 Février à 22:22
    Tellement vrai. Je fais même partie de ces décérébrés.je passe comme tu dis obligatoirement par ma page Facebook plusieurs fois par jour pour diverses raisons. Sont-elles bonnes??? Je l'ignore...mais ça me permet de garder le contact malgré la distance et le temps qui nous file entre les doigts...
      • Vendredi 23 Février à 13:29

        Ce sont les mêmes raisons qui me faisaient y revenir mais je me rends compte que c'est très superficiel et qu'on entre vite dans un genre de voyeurisme. Je préfère tenir ce blog, discuter, argumenter, échanger pour de vrai. N'oublie pas de passer de temps en temps ;-)  

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