• Préserver l'héritage

     A se vouloir ouvertes d'esprit et tolérantes, les femmes ne se trompent-elles pas sur les combats à mener ? La nouvelle génération des jeunes femmes des années deux mille prennent pour argent comptant des droits souvent obtenus par leurs aînées dans l'opprobe et la moquerie générales. De nouvelles manières de vivre peuvent susciter de minuscules entorses à la condition féminine et grignoter en souterrain une égalité chèrement acquise. Il ne faut pas que les femmes se laissent porter par leurs succès ; elles doivent continuer à veiller au respect de leurs droits et ne jamais s'en remettre aux hommes pour décider à leur place de ce qui est bon ou mauvais pour elles.

     

     

       Préserver l'héritage

    Aux moins de quarante ans, le Mouvement de Libération de la Femme ne rappelle rien. Ces femmes jouissent de leurs droits sans les apprécier à leur juste valeur, sans se douter des combats menés par leurs prédécesseurs pour les acquérir. Elles ignorent que, Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir en tête, ces militantes ont fondé le Planning Familial en 1960, et qu'elles sont les premières à avoir réclamer, en 1971, une dépénalisation de l'interruption volontaire de grossesse. Les droits obtenus ne doivent pas endormir l'attention des nouvelles générations. Si ces dernières se contentent de profiter de ce qu'elles ont, si elles concèdent des dérogations sur la moindre cause remportée, la condition féminine régressera. Il se trouvera toujours des inconscientes, sous prétexte de liberté de la femme, pour prétendre que nous ne pouvons pas forcer les plus soumises à ne pas s'habiller comme elles veulent, qu'il faut que cela vienne d'elles. Sauf que le vrai combat consisterait justement à les obliger à ne pas se cacher et à se fondre dans la société où elles ont émigrées. Parce que cet effacement de soi ne relève pas d'un choix de leur part mais d'un ordre donné par un père, un mari, des hommes pour qui la femme reste une esclave soumise à leur volonté. Et quand elles s'affirment libres, elles obéissent encore à une religion et des règles érigées par des hommes. Si nos aînées en France ne s'étaient pas rebellées, nous les femmes françaises d'aujourd'hui serions prisonnières à la maison, à élever nos enfants, faire la cuisine, le ménage, les courses pour un foyer qui n'appartiendrait qu'à notre mari. Nous ne voterions pas, nous ne possèderions pas de compte bancaire personnel ni de biens propres. Nous n'allons pas accepter que certaines commencent à régresser et que petit à petit, nos droits fondamentaux fondent comme neige au soleil. Sans compter qu'en politique, malgré la parité, ces messieurs demeurent plus nombreux ; ils mènent la danse et décident pour nous. Aussi, ne nous leurrons pas ; s'il fallait restreindre nos libertés à toutes pour calmer les débats autour d'une laïcité défendue à tort et à travers, l'émancipation des femmes serait en danger. Car il s'agit bien ici de défendre les droits acquis par les femmes françaises et veiller à ce qu'aucune restriction n'y soit apportée un jour, grâce à quelques-unes qui réussiraient – sans mal – à convaincre des politiciens si peu concernés par la cause féminine de grignoter sur nos libertés individuelles.

    Préserver l'héritage

    Les Françaises ne forment plus une entité mais des groupuscules qui s'opposent. Nous ne devons pas perdre de vue que nos intérêts sont des intérêts communs à toutes, de toutes générations confondues. Pour y parvenir, il faudrait que les françaises s'unissent. Malheureusement, au vingt et unième siècle, il n'existe plus d'unité parmi les femmes ; soit elles n'ont plus le sens de l'engagement, soit les groupes engagés le sont surtout politiquement ou soit elles ne se sentent pas concernées. Et parmi les rares qui se lèvent, se comptent des représentantes d'associations féministes criant à l'injustice pour un voile ou un burkini sans s'insurger du fait que des hommes puissent obtenir une telle soumission en France. Elles refusent de reconnaître un message de domination derrière un simple bout de tissu et de proposer à ces femmes un lieu où les recevoir, afin de les aider à se libérer de leur joug au lieu de faire le jeu de leurs dominateurs. Le problème se répercute jusque dans les collèges et les lycées, ou une gamine n'ose plus aller en robe de peur de se faire traiter de pute. A vouloir se montrer ouverts d'esprit, dignes des philosophes des Lumières, nous nous faisons piéger par nos propres mots. Mesdames, il serait temps de voir plus loin que le bout de notre nez, d'arrêter d'argumenter pour tenter d'excuser l'inexcusable et demeurer vigilante afin de préserver l'essentiel.

      Préserver l'héritage

    Il serait temps de voir les femmes se réunir pour veiller à la pérennité de leurs acquis, élever la voix au moindre danger d'une restriction possible, protéger les victimes du machisme sous quelque forme qu'il soit. A force de tolérance, elles dénient les dangers de pratiques plus ou moins douteuses. Les vêtements pour se cacher du regard des hommes, la polygamie, les mariages arrangés – et consommés - avec des petites filles de dix ans, autant de sujets graves, qui fâchent et divisent l'opinion, au nom d'une ouverture d'esprit toxique et inadéquate. Si les femmes en France ne se fâchent plus, ne se révoltent plus, nous cèderons du terrain au nom de la laïcité, à des us et coutumes qui ne concernent ni la France ni les Françaises.

      


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