• Nathan

    Hier matin, un matin habituel à me dépêcher. Petit-déjeuner avant de filer attraper mon bus. J'appuie sur la télécommande, je veux une chanson avant de partir. Et là, je rencontre Nathan. Un texte coup de poing sur un thème pas facile, une chanson signée Calogero et Marc Lavoine

    Brutalement le passé me saisit. Vingt d'ans déjà. Paris. J'y croisais une femme accompagnée de son petit garçon. Un gosse d'une dizaine d'années, la tête ailleurs, le regard insaisissable, les gestes en désordre. Sa mère, chaque matin, je la croisais, tendre, attentionnée.  Elle se tenait droite, indifférente aux autres, concentrée sur son fils. Ils descendaient à la station de la Motte-Picquet Grenelle. Je la trouvais admirable. A l'époque je n'avais pas de mari, pas d'enfant, autrement j'aurais compris qu'il s'agissait d'amour. Uniquement d'amour. Cette maman aimait son petit garçon, la gêne, la honte, ce n'était pas son problème. Elle, son souci consistait à faire avancer cet enfant du mieux possible, qu'il ne se cogne pas, qu'il ne se perde pas. 
     
    J'y ai souvent pensé à cette femme et à son fils. Depuis je suis devenue maman à mon tour. J'ai compris cet amour. Et j'ai croisé la route d'autres Nathan accompagnés de mères pleines de cet amour. Cet amour-là qui soulèverait des montagnes s'il le fallait. 

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